La pratique de Kumbhaka, qui signifie "rétention du souffle" en sanskrit, est un élément central du Pranayama, les techniques de respiration yogique. Elle consiste à suspendre le souffle après l'inspiration (Antara Kumbhaka) ou après l'expiration (Bahya Kumbhaka). Les connaissances scientifiques modernes commencent à explorer les mécanismes et les bienfaits de cette pratique millénaire.
Qu'est-ce que Kumbhaka sur le plan physiologique ?
Sur le plan physiologique, la pratique de Kumbhaka induit un état de modification de l'homéostasie gazeuse dans le corps, c'est-à-dire un changement des niveaux d'oxygène (O2) et de dioxyde de carbone (CO2). Cette modification est similaire à une forme d'hypoxie intermittente (manque d'oxygène temporaire) et d'hypercapnie (augmentation du CO2).
Ces changements peuvent déclencher des réponses adaptatives de l'organisme :
Stimulation du système nerveux autonome : Kumbhaka influence l'équilibre entre le système nerveux sympathique (stress, "combat ou fuite") et le système nerveux parasympathique (relaxation, "repos et digestion"). Une pratique contrôlée tend à activer le système parasympathique, favorisant la relaxation et la réduction du stress.
Réponses hématologiques : La rétention du souffle peut, à travers l'hypoxie intermittente qu'elle induit, stimuler la production d'érythropoïétine (EPO), ce qui pourrait augmenter la production de globules rouges et améliorer la capacité de transport de l'oxygène. Cependant, cet effet est moins prononcé et moins systématique qu'avec des expositions hypoxiques plus longues ou plus intenses.
Production de monoxyde d'azote (NO) : Le manque d'oxygène temporaire peut favoriser la production de NO, un vasodilatateur important qui améliore la circulation sanguine et la distribution de l'oxygène aux tissus.
Changements biochimiques : Des études suggèrent des impacts sur le pH sanguin et l'équilibre acido-basique, ainsi que sur l'activation de facteurs de transcription comme HIF-1α, impliqués dans les réponses cellulaires à l'hypoxie.
Bienfaits potentiels et dernières connaissances scientifiques :
Les recherches sur Kumbhaka, souvent intégrées dans des études sur le Pranayama plus globalement, suggèrent plusieurs bienfaits :
Gestion du stress et de l'anxiété : En calmant le système nerveux, Kumbhaka peut réduire les niveaux de cortisol, l'hormone du stress, et favoriser un état de relaxation profonde. Des études montrent une amélioration de la cohérence cardiaque et une diminution de l'activation amygdalienne (zone du cerveau liée à la peur).
Amélioration des fonctions cognitives : La rétention du souffle pourrait avoir un impact positif sur la concentration, la clarté mentale et même la mémoire. L'augmentation du CO2 temporaire pendant la rétention peut améliorer le flux sanguin cérébral.
Renforcement du système respiratoire : La pratique régulière peut renforcer les muscles respiratoires, augmenter la capacité pulmonaire et améliorer l'efficacité des échanges gazeux, même si les mécanismes exacts sont encore à l'étude.
Régulation métabolique : Des études préliminaires, notamment sur le diabète de type 2, suggèrent que Kumbhaka pourrait aider à améliorer la sensibilité à l'insuline et à réguler la glycémie. Ces résultats nécessitent cependant des recherches plus approfondies et de plus grande envergure.
Neuroplasticité et neuroprotection : L'hypoxie intermittente induite par Kumbhaka est associée à la neuroplasticité (capacité du cerveau à se reconfigurer) et pourrait avoir des effets neuroprotecteurs, ce qui ouvre des pistes pour des applications dans certaines affections neurologiques.
Amélioration de la conscience corporelle et spirituelle : Au-delà des aspects purement physiologiques, la pratique de Kumbhaka est traditionnellement liée à une intensification de la conscience de soi, de l'énergie vitale (Prana) et à des états de méditation plus profonds.
Précautions et recommandations :
Malgré les bénéfices potentiels, il est essentiel d'aborder la pratique de Kumbhaka avec prudence et sous supervision, surtout pour les débutants ou les personnes ayant des conditions médicales.
Contre-indications : Kumbhaka est généralement déconseillé aux personnes souffrant de problèmes cardiaques (hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires), de troubles respiratoires sévères (asthme non contrôlé, emphysème), de troubles neurologiques, d'épilepsie, de glaucome, ou aux femmes enceintes.
Progressivité : La durée de rétention doit être augmentée très progressivement et sans forcer. La sensation doit rester agréable, jamais étouffante.
Encadrement : Pour une pratique sûre et efficace, il est fortement recommandé d'apprendre Kumbhaka auprès d'un professeur de yoga ou de Pranayama qualifié, qui pourra adapter la technique à votre condition individuelle.
Écoute du corps : Il est crucial d'être attentif aux signaux de son corps et de ne pas dépasser ses limites. L'objectif est la stabilité et la tranquillité, non la performance ou la contrainte.
En conclusion, les recherches scientifiques contemporaines corroborent de plus en plus les bienfaits ancestraux attribués à la pratique de Kumbhaka, mettant en lumière ses effets sur le système nerveux, métabolique et cardiorespiratoire. C'est une technique puissante qui, pratiquée correctement, peut enrichir la santé physique et mentale, mais qui requiert respect, patience et souvent, un accompagnement expert.
L'entraînement hypoxique intermittent, ne doit PAS être pratiqué en cas de :
Maladies ou infections graves/critiques
BPCO stade II et III
Défaillance d'organe ou maladie à un stade avancé
Grossesse
Épilepsie
Cancer (Exception : votre médecin vous donne une autorisation spécifique)
Présence d'un stimulateur cardiaque ou d'un rythme cardiaque irrégulier (Exception : votre médecin vous donne une autorisation spécifique).
Hypertension artérielle non contrôlée
Il reste possible de bénéficier des bienfaits d'une séance somabreath® en remplaçant la rétention par la vocalisation du son MMM sur des expirations longues. (faire le bourdon)
Certaines conditions peuvent être aggravées par la rétention (EHI)
Par exemple : acouphènes, hernies. En cas d'acouphènes, il convient de bien verrouiller le cou en penchant la tête durant la rétention (menton vers la gorge sans force)
Pour toutes les autres conditions médicales, veuillez être votre propre guide, incluez doucement la EHI , écoutez votre corps. Il est toujours plus sûr de développer votre tolérance lentement et régulièrement.
Améliore progressivement ton rythme respiratoire, augmente ta tolérance au dioxyde de carbone (CO2) et ton temps de rétention du souffle. Tu gagneras ainsi en oxygénation cellulaire et en résistance au stress. Tes capacités pulmonaires s'améliorent ainsi que ta qualité de vie.